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Deuxième Partie : La baie des cochons et Vinales 

Après nos deux petits jours à Trinidad, nous sommes partis ensuite direction Playa Larga dans la Baie des cochons historiquement célèbre. Je vous fais une piqure de rappel historique signé wikipédia pour citer mes sources et ne pas être accusée de plagiat.
« La baie des Cochons(en espagnol : Bahía de Cochinos) est devenue célèbre suite au débarquement de la baie des Cochons le 17 avril 1961, tentative d’invasion militaire de Cuba par des exilés cubains soutenus par les États-Unis. Planifiée sous l’administration de Dwight Eisenhower, l’opération était lancée au début du mandat de John F. Kennedy. Elle visait à faire débarquer à Cuba,  environ 1 400 exilés cubains recrutés et entraînés aux États-Unis par la CIA afin de renverser le nouveau gouvernement cubain établi par Fidel Castro, qui menait une politique économique défavorable aux intérêts américains et se rapprochait de l’URSS.  L’opération fut un échec complet.
Le terme en réalité ne se réfère pas à des cochons, mais à une sorte de poisson également appelé cochino en espagnol cubain. »
Alors, il ne faut pas s’attendre à voir sur les photos des bunkers et autres vestiges militaires à la normande. Rien de tout cela, la côte est superbe belle, Playa larga est plutôt un village de pêcheurs qui a beaucoup souffert des ouragans en 2008. Sur la route entre Cienfuegos et Playa Larga nous avons traversé un champ, que dis-je une marée de crabes.Ca nous « a fait tort » (expression du patois de ma région natale qui signifie que ça nous passait partout) quand nous avons dû roulé dessus (après avoir essayé vainement de les contourner pour ceux qui seraient des soutiens de Bardot). Et puis on ne vous raconte pas l’odeur de vieilles salades de crabes qui a trop cuit au soleil, un plaisir pour les sens. On a surtout prié pour ne pas crever et devoir changer la roue au milieu d’eux. Arrivés à Playa Larga, nous avons eu un peu de mal à trouver notre casa car pas de noms de rues dans ce village de pêcheurs. Nous avons logé chez un couple super gentil avec un enfant face au petit port de barques. Nous sommes allés nous reposer sur la plage qui était à 5 min à pied de la casa, promenades main dans la main sous les palmiers, nous étions presque seuls encore une fois.  Nous avons adopté un compagnon de plage, une chienne qui est venue partager sa sieste avec nous. Le soir, nous avons mangé face au port un superbe poisson grillé sorti de l’eau 2h avant et cuisiné au four par notre hôte.Départ le lendemain matin pour Vinales, nous quittons la plage pour nous immerger dans la campagne cubaine. Après un solide petit déjeuner face au lever du soleil, nous reprenons la route vers Vinales. Nous sommes obligés de passer par la Havanne pour rejoindre l’autoroute. Vinales est dans la région de Pina del Rio, le Triangle d’or du tabac. Elle présente une particularité géologique très rare, les Mogotes, buttes montagneuses émergeant de la plaine. La région a été inscrite au Patrimoine mondial de l’UNESCO en 1999.

L’agriculture du tabac et de la canne à sucre est très développée en raison de la richesse des terres rouges de la vallée, mais reste faite avec des techniques agricoles traditionnelles. De nombreuses grottes se trouvent au pied des mogotes (Cueva del Indio, Cueva de José Miguel). Nous avons le premier après-midi visité la ville, les rues adjacentes, pris nos quartiers dans la casa de Jean-Pierre et nous sommes partis à pied pour aller à un point en hauteur pour avoir une belle vue sur la vallée.

Il y a une rue principale à vinales avec la place de l’église au milieu où la vie des cubains se déroule pour la grande majorité ici. Les voitures se partagent les routes avec les chars à chevaux et à vaches.  La ville est extrêmement colorée avec les façades vives, un peu plus loin vous verrez deux maisons roses et une autre bleue. Nous avions une casa orangée avec une chambre vraiment sympa à l’étage et totalement indépendante. Une petite terrasse nous accueillait pour prendre l’apéro en attendant que Jean-Pierre, un ancien cuistot nous préparait le diner.

Nous nous sommes encore laissé tenter par la langouste que nous avons dégusté à la salsa et à la plancha. Nous avons aussi gouté à la spécialité de la soupe aux haricots noirs que tu dégustes en y incorporant au fur et à mesure du riz blanc,  ca cale un homme (et une femme) !! Nous avons aussi testé le vin blanc de la région, pas mal mais bon quand tu as le palais d’un français tu le trouves un peu léger.Nous avons passé la fin de soirée assis dans nos fauteuils-balancoires sur la terrasse à regarder les étoiles en sirotant un petit digestif de rhum ambré de la réserve. Le lendemain matin, on enfile short et baskets, car nous partons visiter l’une des grottes de la région.
Explication : les Mogoles seraient le fruit d’une érosion calcaire souterraine de l’ère jurassique (160 milliards d’années) dont il ne resterait aujourd’hui que des piliers de murs et dont les plafonds se seraient effondrés. Elles sont percées de grottes innombrables et en partie inexplorées. Nous partons avec un groupe de 10 personnes armé de casques rouges (ca fait une tête d’oeuf) visiter la grotte.
Contre toute attente, nous ne descendons pas, mais nous grimpons sur la montagne, car la grotte se trouve au milieu de la paroi. À l’intérieur, le guide nous a expliqué la faune et la flore qui peuvent exister dans ces grottes et comment elles sont été construites.  Nous avons vu de vraies chauves-souris planquées dans les failles. Ensuite, nous déjeunons sur le chemin face à une fresque qui a été peinte sur un mur de mogote pour aller nous renseigner sur les visites de plantation de tabac.Nous avons de la chance car nous trouvons un guide qui nous emmène pour une marche de 3h à travers la campagne autour de vinales. On trouve les mogotes, d’énormes buttes montagneuses émergeant d’une terre rouge, habillées d’une végétation verdoyante et colorée qui se détache sur l’horizon d’un ciel nuageux.
Il  nous a fait visité une casa de campesino (maisons de paysans) et nous a expliqué la culture du tabac qui se déroule de novembre à mai, les feuilles de tabac sont ensuite récoltées et mises à sécher de février à juillet.Il existe deux façons de le faire sécher : les femmes enfilent les feuilles avec une aiguille puis accrochent ces fils dans des hangars en bois que l’on reconnaît le long des routes à leur forme de tentes recouvertes de feuilles de palme, ou les feuilles sèchent au soleil dans les champs pendant un à deux mois. Avec cette seconde solution, le tabac est plus fort.Ces champs, labourés à l’aide de charrues tirées par des bœufs sont, après la récolte du tabac replantés avec du maïs ou du manioc.
Nous avons rencontré un campesino qui nous a fait une démonstration de roulage de cigares dans les règles de l’art. Nous avons appris que le cigare est un cylindre formé d’une feuille de tabac enroulée en spirale sur d’autres feuilles pliées ou roulées (ensemble que l’on nomme « liga » ou « ligada » pour les cubains. On en porte le bout appelé « pied » (l’autre extrémité, que l’on coupe, est appelée « tête ») à incandescence afin soit d’en inhaler la fumée soit de la garder dans la bouche. Bon on a gouté, c’est quand même un chouilla fort ce truc et il avait l’habitude car quand il tirait dessus, il y avait 2 à 3 cm de cigares qui se consummait en une seule bouffée.(contre nos 0,5 cm)
Ensuite nous avons parcouru une grande partie de la campagne à pied pour nous immerger au milieu des mogotes, des champs de tabac. Nous avons au détour d’un chemin rencontré une bande de jeunes qu’on dérangeait visiblement (le guide nous a expliqué qu’ils devaient faire des combat de coqs, ce qui est interdit).La campagne est superbe belle et nous rentrons crevés mais avec de belles images plein les yeux. Nous préparons notre sac pour les deux dernières étapes avant le retour dans le froid de Montréal qui vont être le sujet du troisième et dernier article.

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